Paul Rebeyrolle, peintre expressionniste, naturaliste et matiériste du XXème siècle de grand talent, est né le 3 novembre 1926 à Eymoutiers, dans le département de la Haute-Vienne, et est décidé le 7 février 2005 à Boudreville en Bourgogne. Le nouveau livre de Marc Petit, intitulé Gillet, Music, Rebeyrolle, Rustin, quatre maîtres de la peinture expressionniste rend hommage à cet artiste de talent.
Paul Rebeyrolle, enfance et débuts
Le petit Paul connaît une enfance heureuse mais marquée par la maladie. La tuberculose osseuse fragilise sa santé et l’oblige à de longs moments de repos, voire d’immobilité. Il étudie toutefois à Limoges, et monte à la capitale au moment de la libération. Il y rencontre les peintres contemporains tout en parcourant avec plaisir les couloirs du Louvre, admirant les grandes oeuvres de la peinture classique. Il s’engage un temps pour le parti communiste, en 1963, mais écoeuré par l’impérialisme dont fait preuve l’Union Soviétique en 1956 à Prague, rend sa carte du parti.
Une peinture engagée, toujours figurative
Côté peinture, la première véritable reconnaissance de Paul Rebeyrolle se produit en 1959, quand il exécute un grand tableau destiné à la Première Biennale de Paris, commandé pour orner l’escalier du Palais des Beaux-Arts.
S’il a quitté le parti communiste, son engagement à gauche ne faillit. Paule Rebeyrolle, le peintre, se fait aussi contestataire. Il se lance, à partir de 1968, dans un cycle de peintures aux noms évocateurs. En 1968 est réalisée la série Guérilleros, suivie en 1970 de Coexistences, en 1972 il réalise une série dénommée Les prisonniers, puis en 1973 Faillite de la Science Bourgeoise. Citons encore, sans exhaustivité, Germinal, en 1986, ou encore Au Royaume des aveugles en 1987.
Son oeuvre demeure figurative et souligne son aversion pour l’oppression, la violence des institutions, et son admiration pour les luttes politiques qu’ils jugent grandes par leur engagement. Toutefois, il abandonne parfois le terrain des idées pour peindre des paysages ou des animaux, et pour réaliser des tableaux composites, collant de la matière sur sa toile. S’il a été peu médiatisé de son vivant, et si son nom est peu connu du public non averti, Paul Rebeyrolle a su toucher de grands artistes et penseurs de son temps, comme Jean-Paul Sartre ou Michel Foucault, et lui a attiré la sympathie de grands collectionneurs, comme François Pinault.




